Pour préserver la ressource en eau, les agriculteurs de la Plaine cultivent Eau’trement

Publié le 15 décembre 20172cultivons eau'trement 1 3.png

Chaque année, la Chambre d’agriculture du Calvados donne rendez-vous aux agriculteurs sur un site intégré dans un périmètre de protection de captages. Cette année, le rendez-vous était donné sur le site de Percy en Auge, proche de St Pierre sur Dives, site qui alimente grâce au SPEP* Sud Calvados, une bonne partie du secteur de la Plaine de Caen. (*Syndicat de Production d’Eau Potable).

Un groupe important du Robillard (les BTS APV, agronomie productions végétales, de formation initiale du Lycée et les BTS du CFA, accompagnés de leurs enseignants d’agronomie) ont répondu présents. Etaient présents également des techniciens et des représentants du domaine de l’eau.

Les étudiants ont pu tester leurs connaissances en retrouvant les atouts de chaque couvert et en observant les profils de sol. Les futurs techniciens ou agriculteurs seront à même de porter la « bonne parole » et de conseiller sur le choix  des espèces à implanter.

Pour  en savoir plus….

 

Faire d’une contrainte un atout :

Le secteur du BAC (Bassin d’Alimentation de Captages) fait donc partie de la zone vulnérable du Calvados et même est soumis à des actions renforcées pour préserver la ressource en eau, qui cette année est déficitaire, même  en Normandie. Les agriculteurs ont l’habitude de mettre en place des couverts végétaux à l’interculture. Flavien Fache dont l’exploitation est située sur le BAC choisit généralement d’implanter de  la phacélie entre ses blés et ses cultures de printemps. Le couvert joue un rôle important en tant que CIPAN (culture piège à nitrates) mais aussi restructure le sol et couvre bien le sol limitant ainsi le développement des adventices, et mais  s’il présente de multiples atouts, c’est aussi un des couverts les plus onéreux.

 

Treize couverts étaient implantés, à chacun  ses avantages :

Les conditions de l’été ont été idéales pour implanter les couverts. Du fait de récolte précoce du blé cette année, un premier semis a été réalisé début août. Il a montré les limites de couverts à base de moutardes qui restent souvent la préférée des agriculteurs pour des raisons économiques ; celles- ci prennent de l’avance, couvrent bien le sol mais risquent de monter à fleurs très vite, risquant d’engendrer un salissement  à long terme des parcelles. L’agriculteur a préféré broyer une partie des premiers semis comme la réglementation l’y autorise. Sept couverts ont été réimplantés au Delimbe début septembre afin de comparer leur intérêt agronomique ; des mesures de reliquats  azotés ont été faites sur 3 horizons montrant le pouvoir de pièges à nitrates (environ 50 à70u de nitrates étaient piégés avec peu de différences selon les couverts)

 

1les couverts ont été  semés au Delimbe 2.jpgDe l’Easy couv au Prompt herb, comment s’y retrouver et lequel choisir ?

Si les couverts sont implantés pour des raisons réglementaires et pour jouer le rôle de cipan, ils présentent bien des avantages ; les couverts avec des pivots comme ceux à base de radis chinois sont de vrais décompacteurs ; les couverts associant plusieurs espèces (Chlorofiltre, Filtre élite, Prompt herb) explorent le sol sur plusieurs horizons et jouent pleinement leur rôle en améliorant la structure du sol et en couvrant  le  sol. Un couvert avec 10 espèces présente de multiples avantages : effet cipan, structure du sol, couverture,  limite du salissement et des parasites, intérêt pour la biodiversité. Deux couverts comportaient  des  espèces pouvant être valorisées en tant que cultures dérobées par des éleveurs (Chlorofiltre 31 à base  d’avoine rude, vesce commune et trèfle d’Alexandrie et le Prompt Herb à base de 2 RGI alternatif et non alternatif et 3 trèfles permettant une fauche d’automne te une fauche de printemps). Les couverts à base de légumineuses  associées à des graminées ou autres espèces comme le sarrasin, sont  autorisés ; on les connait pour leur capacité à fixer l’azote de l’air mais ici, ils  présentent l’avantage de participer à l’activité biologique du sol et grâce à des mycorhizes de favoriser la circulation de l’eau et l’air,  d’améliorer la  structure du sol  qui ne pourra être que favorable à la culture principale qui suivra.

Céréaliers ou éleveurs peuvent y trouver leur compte ; chacun voit maintenant dans les couverts   un allié qui permet de répondre à la réglementation et de faire d’une contrainte un atout.

Etaient au programme :

  • Intérêts agronomiques des couverts : restitution NPK, étouffement des adventices, impacts sur la structure du sol par une fosse pédologique.
  • Effet piège à nitrates.
  • Valorisation fourragère des couverts.
  • La réglementation ? Directive nitrates, nouveautés SIE 2018.
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Article et photos : N. MARQUET, Enseignante en Agronomie Phytotechnie