Le ruissellement sur un bassin versant est-il toujours synonyme d’érosion et de coulée de boues ?

Publié le 27 février 2018Photo 1 1_1.jpg

Du 19 au 23 février 2018, les étudiants de BTSA Gestion et Maîtrise de l’EAU ont testé deux techniques d’évaluation des risques d’érosion, sur le Bassin versant du Courville à Saint Martin de Fresnay (St Pierre en Auge).

Ce bassin versant agricole de 360ha englobe des zones boisées, des zones en prairies et des zones cultivées dans les parties basses.

Figure 1 : Une des équipes de BTS GEMEAU prête à agir.

 

1) Une approche géographique générale.

Photo 2 1.jpgL’étude du bassin versant a débuté sous l’angle géographique, avec le logiciel Qgis qui permet d’éditer des cartes représentatives. Les données les plus pertinentes, pour mettre en évidence le risque de ruissellement-érosion, sont : la pente, l’occupation du sol, le type de sol et le climat.

Cette approche facilite l’identification de bassins versants à risques d’érosion lorsque cette technique est appliquée à grande échelle comme celle de l’Agglo de Lisieux-Normandie. Elle ne permet pas d’identifier de façon certaine les parcelles sujettes à l’érosion.

Figure 2 : Carte d’occupation des sols.

 

2) Une approche de terrain plus réaliste.Photo 3 1.jpg

Pour compléter l’approche générale, les étudiants se sont déplacés sur le terrain en utilisant une méthode élaborée par la CATER (Cellule d’Animation Technique pour l’Eau et les Rivières). Elle consiste à observer ou mesurer 21 critères permettant d’identifier le risque d’érosion à la parcelle, le risque de transfert en aval et le risque que la terre rejoigne un cours d’eau.

Cette méthode très pointue est en phase de test. Elle consiste à classer les parcelles avec une note de 1 à 3, selon le risque.

Les 27 parcelles visitées ont permis de réaliser une carte synthétique à l’échelle du bassin versant, avec QGis.

Figure 3 : Carte de risque érosion.

Les premiers résultats sont à manier avec précautions, tant les observations sont sujettes à variation selon l’observateur et la notation dépendante du paramétrage des critères. Cela reste un outil d’aide pour éclairer les acteurs locaux dans leur prise de décision an cas de risque.

Voilà une semaine bien remplie qui a permis aux étudiants de mettre en pratique des compétences acquises en formation : informatique, géographique, agronomique et de se confronter aux problèmes de gestion de l’eau, avec des partenaires locaux.

Merci aux agriculteurs du secteur d’avoir accepté l’accès libre aux parcelles pour les observations et à Fred GUAIS pour son aide pratique.

Merci à Marion GALLET (Agglo de Lisieux-Normandie) et Mélanie GALAUP (SMBD) pour leur soutien méthodologique.

 

Article et photos : P. BEAUFILS, Enseignant en Hydraulique et S. PESTEUR, Enseignant d’Agronomie.