MAP Filière porcine : Visite d’un élevage de porcs plein-air avec la classe de 1ère pro CGEA

La Ferme d’Argentel élève des porcs de Bayeux à Coquainvilliers à côté de Lisieux. Les animaux sont élevés en plein air dans des parcelles d’herbage ; sur les 16 ha, 5 ha leurs sont réservés. Cette conduite plein air est assurée sur toute l’année sans retour au bâtiment mais avec des cabanes pour les abriter. Ceci permet de limiter les maladies qui se rencontrent plus en élevage sous bâtiment. Mais il existe quand même une petite stabulation pour y mettre certains animaux sur une courte durée pour des raisons telles que des blessures, terrains trop humides…

Le porc de Bayeux est un cochon blanc avec des taches noires. Il est ici bien dans son milieu car dans sa région natale , la Normandie, où le climat est idéal pour lui.

La Ferme d’Argentel a décidé de ne pas élever ses truies en bande car se sont des petits effectifs : le cheptel compte 6 truies , qui font 2 portées par an. Deux verrats assurent la reproduction par monte naturelle. Lors des mises bas, il y a très peu d’écrasements et donc bien moins de pertes de porcelets qu’en élevage intensif. Il n’y a donc pas d’effluents à gérer car les déjections arrivent directement sur les terres.

Les animaux sont nourris avec 2/3 de blé et 1/3 de pois achetés à un agriculteur local les adultes sont alimentés une fois par jour et les petits deux fois, avec en complément un seau
à lécher de minéraux. Les animaux pâturent et reçoivent du foin produit sur l’exploitation en hiver.

Cette race, a été récréée par un croisement entre le porc Blanc de L’Ouest et un porc anglais, Berkshire. La race Porc de Bayeux est soutenue par la Région car elle est malheureusement en train de disparaître. Pourtant les truies sont de bonnes laitières, et permettent la production d’une viande fraîche ferme persillée avec du goût. Les porcs charcutiers sont élevés en 18 mois.

Le couple d’ éleveurs posent des anneaux nasaux pour éviter que les parcelles ne soient abîmées. Ils passent beaucoup de temps au printemps pour débroussailler dessous les clôtures électrifiée ; elles sont obligatoires pour éviter les intrusions de la d’animaux sauvages (sanglier en particulier à cause de la Peste Porcine).

Les 6 truies sont élevées ensemble et seulement séparées à la mise bas dans des petites parcelles individuelles avec chacune une cabane., qui permettra d’accueillir les porcelets et la truie. Les porcelets mâles sont castrés pour avoir une viande meilleure (sans odeur forte à la cuisson).

90 porcs charcutiers sont engraissés chaque année . Tous les 15 jours, 2 porcs partent pour un abattoir mayennais. La carcasse revient à la ferme pour y être découpée et transformée en produits de charcuterie divers. Les jambons sont affinés sur place pendant 18 mois. La Ferme d’Argentel assure toute sa vente en directe à des particuliers (sur place et au marché de Lisieux) et à des restaurateurs.

Merci aux éleveurs pour leur accueil !

Rédaction : Nathan Vandenberghe (1ère pro CGEA)
Photo : Quentin Moulin (1ère pro CGEA)

Le véridique et sensationnel cabaret des spectaculaires élèves du Robillard s’affiche !

Dans le cadre d’un jumelage avec le CDN (Centre Dramatique National) de Normandie, deux classes de 2nde Générale et Technologique du lycée agricole Le Robillard ont participé à un projet culturel qui a donné lieu à spectacle. Cette représentation théâtrale d’une heure trente, intitulée Le véridique et sensationnel cabaret des spectaculaires élèves du Robillard, a pris place dans l’amphithéâtre le vendredi 11 juin.

La représentation était l’aboutissement d’un cycle d’ateliers précédemment présentés dans nos actualités (lire l’article). Au cours de ce processus créatif, les élèves ont notamment réalisé des affiches en prévision du grand jour ainsi que des nuages de mots qui étaient installés à l’entrée de l’amphithéâtre pour l’occasion.
Retrouvez-les ci-dessous ! 👇

Bravo à nos élèves pour leur créativité et leur implication, ainsi qu’à leurs encadrant et au CDN de Normandie pour leur excellent travail !

Des Paysages : découvrez le projet photo des élèves de Terminale pro CGEA !

« Ce n’est pas le paysage qui est petit, c’est la fenêtre par laquelle on le regarde. »

Charles Baudelaire

Des Paysages est une exposition de photos réalisée par la classe de Terminale pro CGEA du lycée Le Robillard dans le cadre des cours d’ESC. Ce projet artistique, pour lequel a été retenu le support de la photographie, a pour thème principal le paysage, l’autoportrait dans le paysage, les éléments du paysage (arbres, eau…).

L’exposition est à découvrir actuellement au self du Robillard !

Jumelage avec le CDN de Normandie : « Le véridique et sensationnel cabaret des spectaculaires élèves du Robillard »

Dans le cadre d’un jumelage avec le CDN (Centre Dramatique National) de Normandie, deux classes de 2nde Générale et Technologique du lycée agricole Le Robillard participent à un projet culturel qui donnera lieu à une représentation théâtrale ce vendredi 11 juin.

La première étape a eu lieu le mardi 9 mars, avec une représentation du spectacle « Tant qu’il y aura des brebis » à laquelle nos élèves ont pu assister dans l’amphithéâtre de notre établissement. Quelques jours plus tard, du 15 au 19 mars, était programmée la première semaine d’ateliers de pratique théâtrale : chant en canon, exercices d’improvisation, de déplacement et occupation de l’espace, de cohésion de groupe, mini atelier d’écriture… Arthur et Flora, nos deux intervenants du CDN, se sont inspirés de ces ateliers pour écrire un spectacle intitulé « Le véridique et sensationnel cabaret des spectaculaires élèves du Robillard ».

Cette semaine, du 7 au 11 juin, a lieu la seconde semaine d’ateliers : appropriation du texte, chorégraphie, mise en voix… Le mercredi 9, nous emmenons les 3 classes au CDN voir Buster Keaton. Et enfin, le vendredi 11 juin à 15h, place au spectacle des élèves à l’amphithéâtre du Robillard ! En complément de leur représentation, une exposition de photos, nuages de mots et affiches sera installée dans le hall.

Un grand merci au CDN de Normandie pour ce partenariat, et bon courage à nos élèves pour leur spectacle à l’issue de cette belle semaine d’ateliers !

Projet Flaubert : un spectacle déambulatoire dans le parc du Robillard, avec les 1ères STAV et Agroéquipement

Un projet de longtemps terme

Dès novembre 2020, deux membres de la compagnie Divine Comédie sont venus présenter le projet culturel et artistique destiné aux classes de 1ères STAV et AE basé sur le célèbre conte de Flaubert « Saint-Julien l’Hospitalier ». La compagnie est ensuite revenue en février pour animer une série d’ateliers avec nos élèves dans le but de monter un spectacle déambulatoire.

Ce spectacle a ensuite fait l’objet de plusieurs représentations à partir de la mi-février. Le spectacle des 1ères sur des extraits choisis du conte, fruit du travail en ateliers, a eu lieu le vendredi 12 février à 11h. Puis la compagnie Divine Comédie a joué La Légende au gymnase, sur le spring garden et au manège, du 18 au 19 février. 

Un superbe classique

La légende de Saint-Julien l’Hospitalier est tiré de Trois contes de Flaubert. L’auteur y propose une splendide réécriture du récit de la vie de Saint-Julien telle qu’elle est rapportée dans La Légende dorée, un ouvrage rédigé en latin entre 1261 et 1266 qui raconte la vie d’environ 150 saints.

« Tandis qu’il chasse dans la forêt, Julien se voit prédire par un cerf qu’il tuera ses parents. Effrayé, il quitte le château familial pour échapper au funeste présage. Commence alors pour lui une vie d’errance et d’aventures, au terme de laquelle il n’échappera pas à la prophétie. Entre conte merveilleux et roman de chevalerie, le récit de Flaubert retrace le destin à la fois cruel et fabuleux du légendaire saint Julien l’Hospitalier.  » Babelio

Le grand cerf n’eut pas l’air de la sentir ; en enjambant par-dessus les morts, il avançait toujours, allait fondre sur lui, l’éventrer ; et Julien reculait dans une épouvante indicible. Le prodigieux animal s’arrêta ; et les yeux flamboyants, solennel comme un patriarche et comme un justicier, pendant qu’une cloche au loin tintait, il répéta trois fois :
– « Maudit ! maudit ! maudit ! Un jour, cœur féroce, tu assassineras ton père et ta mère ! »

Gustave Flaubert, La Légende de saint Julien l’Hospitalier, extrait du chapitre 1

Un grand bravo à nos élèves, à leurs encadrants et à la compagnie Divine Comédie pour ces magnifiques spectacles !

Visite d’une exploitation laitière bio avec les 1ères Agroéquipement et CGEA Polyculture Elevage

M. Grière présente son installation de traite

Ce mardi 1er juin, M. Grière du GAEC de la Cours Madame, nous a accueilli pour faire visiter son exploitation à deux groupes de nos apprenants de 1ère CGEA option Polyculture Elevage et 1ère Agroéquipement.

Après un bref résumé de son parcours, l’agriculteur  a rappelé les motivations qui l’ont poussé à convertir son exploitation en Agriculture Biologique. Depuis 1998, le GAEC a adapté son système fourrager pour devenir totalement autonome sur son atelier laitier qui compte une centaine de vaches pour une production annuelle de 550 000 l. Le seul achat extérieur cette année a été 1.5 tonne de minéraux. Beaucoup de pâturage, de foin séché en grange, de l’enrubannage et 12 ha de maïs permettent cette performance. 

Après avoir visité le bâtiment de séchage en grange et l’installation de traite, M. Grière a présenté les différents itinéraires techniques pour la récolte des fourrages, mais aussi la culture du maïs sans désherbage chimique. Avec 25 ans d’expérience, il a su démontrer que cela est possible !

Démonstration de distribution de foin en vrac

Il a rappelé combien le lien avec la terre était important dans la réussite de son entreprise. Il a aussi expliqué le plaisir d’exercer son métier en adéquation avec l’attente de la société : « C’est plus facile de se promener avec l’autochargeuse pour faire du séchage en grange, que de sortir avec le pulvé ». L’exploitation étant située dans le bourg du village, l’image du métier s’en sort renforcée. 

Rédaction : Olivier Rodts, enseignant en agroéquipements

Découvrez notre Bac pro Agroéquipement !
Par voie scolaire : https://le-robillard.fr/lycee/bac-pro-agroequipement/
En apprentissage : https://le-robillard.fr/cfa/bac-pro-agroequipement/

Découvrez notre Bac pro CGEA Polyculture Elevage !
Par voie scolaire : https://le-robillard.fr/lycee/bac-pro-cgea-polyculture-elevage/
En apprentissage : https://le-robillard.fr/cfa/bac-pro-conduite-et-gestion-de-lentreprise-agricole-polyculture-elevage/

La ferme des Iles : du champs au fournil, à la découverte des paysans boulangers

 Chacune des deux classes de BTS Agronomie Productions Végétales 1ère année (APV1) aura eu sa visite de système Bio, chacune aussi enrichissante l’une que l’autre et avec leurs particularités. Cette visite était organisée dans le cadre d’une activité pluridisciplinaire sur l’approche filière  blé, associant Philippe Mars (éco filière) et Nicole Marquet (agro-phyto). Le système support de la visite des BTS APV1 du lycée était celui de paysans boulangers installés près de Falaise, aux Isles Bardel (Suisse Normande), au GAEC de la Courbe. Josselin et Felix Peschet y sont d’ailleurs aidés par un ancien élève du robillard, Etienne Lavolé, salarié qui a trouvé sa place dans le système AB. Là aussi, le système polyculture élevage tourne bien en « contrôlant »  toute la filière du blé au pain, mais au prix d’un emploi du temps bien chargé.
Voici, ci-dessous, un article rédigé par Gladys et Augustin (BTS APV1 lycée Le Robillard) relatant la visite :

Située à l’extrême Sud du Calvados au bord de l’Orne, cette ferme familiale en agriculture biologique depuis 2018 produit du pain directement grâce à sa production de céréales. En passant du champ de blé au pain aux noisettes, qui sont ces hommes qu’on appelle des “paysans boulangers” ?

Tout d’abord, toutes les entreprises ont une histoire alors, pour avoir un aperçu le plus juste
possible, voici quelques éléments de l’historique. La ferme des Iles est une ferme familiale qui a été reprise par le fils Felix Péché en 2013 après que le père ait travaillé dans la production laitière. Le deuxième frère, Josselin, est arrivé en 2016 et c’est lui qui a transformé la production conventionnelle en production au logo “AB”. Si à l’origine le travail était exclusivement la production de lait, cela plongeait la ferme dans des difficultés économiques et il était impossible de dégager une marge suffisante pour deux salaires. Alors les deux frères se sont diversifiés. Plusieurs possibilités s’offraient à eux : le développement de l’atelier lait, la création d’une activité de boucherie ou la transformation du blé. L’installation des bâtiments de transformation du lait coûtait trop chère mais un développement de la production était réalisable, la boucherie ne plaisait pas du tout à Josselin et le blé…cela lui plaisait ! L’aventure de la meunerie était lancée (tout en gardant les vaches laitières). Josselin a fait à l’origine un baccalauréat STAV puis un BTSA Productions Animales, autrement dit, rien à voir avec le pain. Alors il a entrepris un stage en boulangerie et une formation de CAP boulanger en formation pour adulte. Après avoir travaillé un certain temps dans un petit laboratoire pour travailler la pâte et faire cuire le pain, la ferme a investi dans un labo de 20m2 toujours d’actualité.

Aujourd’hui, cela fait 3 ans et demi que l’activité boulangère est sur pied et Félix vient de terminer son apprentissage dans la fabrication des divers pain : nature, raisins, noisettes, graines, baguettes et même du pain d’épices en cette période de Noël (sans oublier les brioches). La ferme a le statut de GAEC et un salarié a été embauché à temps plein en 2019 pour soulager le travail des deux patrons associés (1 UTH) . Elle possède 100 ha de SAU (surface agricole utile) en structure bocagère, 75 vaches laitières de race Prim’Holstein, Montbéliarde et Normande avec un droit à produire de 600 000 litres (360 à 380 000 de production réelle par an) et un moulin. Le prix de vente du lait s’élève à en moyenne 525 euros pour 1000 litres. Au champ, on trouve essentiellement du blé de semences population récupérées chez des voisins, semé dense (180kg/ha) pour pallier au fait que ce soit en BIO et que le sol soit séchant. Les variétés sont choisies pour leur rendement et leur valeur boulangère (rubica, saturna, paninicus ). Le gérant s’est rendu compte qu’en associant le blé avec du pois, le premier avec un meilleur rendement alors il sème aussi 10kg de pois par hectare. Le pois est valorisé directement par les vaches ou en allant au méteil. Le rendement moyen du blé sur l’exploitation est très hétérogène, il se situe entre 15 et 20 quintaux par hectare. Mais la culture ne s’arrête pas là ! Par exemple, cette année est la deuxième où un essai lentille est fait (lentille verte du Puis). La production est destinée à la consommation directe des particuliers. Aussi la rotation fonctionne ainsi: suite a cinq années de prairie et un peu de seigle (à ensiler pour le méteil), sur 10 ha cultivé l’agriculteur cultivera une année du maïs et une année du blé ou du seigle (meilleur rendements que le blé après un maïs). Le désherbage se fait à la herse étrille 2 à 3 fois et le sol est travaillé en labour et déchaumage. L’entreprise fait d’ailleurs partie d’une CUMA et a donc accès à un tracteur, des rouleaux, un andaineur double et un semoir à maïs en plus de son trieur à grains personnel, sa charrue et sa herse étrille de 9 mètres avec semoir. La fertilisation se fait via l’épandage des effluents de 25 à 30 tonnes par hectare.

Mais une fois le travail au champs terminé, que devient la production ? C’est tout l’objet des lignes qui suivent. En premier lieu, les grains sont triés deux fois grâce au trieur rustique mais efficace, avant d’être stockés dans les deux silos de 25 tonnes chacun ( ils ne sont jamais remplis au maximum). Il faut savoir que chez Josselin et Félix, toute la production de blé est transformée. Le moulin est en marche 20h/24, c’est-à-dire à la plus haute intensité et c’est la grille (sorte de filtre) qu’il faut changer en fonction du type de farine souhaitée. Car oui il existe diverses sortes de farines et la ferme des Iles produit de la T65 (pour les brioches), de la T80 et de la T110 qui est composée des résidus fins du filtre T80 (pour les pains les plus gros). 1 kg de grain satisfait 1 kg de farine qui satisfait 1 kg de pain. Ainsi, cette fabrication artisanale permet une quantité de 300 à 350 kg de farine chaque semaine. Avec cette production, Josselin n’arrive pas à tout valoriser en pain. Alors il vend directement des sachets de farine de 1 kg, 5 kg ou 25 kg . Car en effet, sa production de pain est déjà au maximum : 250 kg environ par semaine dont 150 kg les samedis, mais cela est très variable (de 13 à 20 t/an). Après avoir moulu les grains, il faut se pencher sur la fabrication à proprement parler du pain. Josselin prépare la pâte 24h avant la cuisson et la conservation reste bonne jusqu’à 48h en chambre froide à 8°C. Il privilégie le levain plutôt que la levure parce que sa fermentation alcoolique permet une meilleure conservation des pains. Pour la cuisson, la ferme possède trois fours en métal, à combustion indirecte (utilisation plus facile qu’à combustion directe car il n’est pas nécessaire d’enlever le bois), installés dans le “labo” en dessous d’une sorte de hotte géante. Ces fours montent à 230-250°C en 45 min et le bois est facilement accessible car une trappe a été construite à l’intérieur du labo pour faire tomber les bûches rapidement. Une idée ingénieuse pour un gain de temps précieux ! Aussi, les 20 km de haies situées en délimitation des parcelles participent au besoin non négligeable de bois soit 15 à 20 stères par an.

Enfin, Josselin nous a expliqué comment et à qui ils vendaient leurs matières brutes et produits élaborés. Aussi, la ferme est vivante alors des difficultés sont surmontées, des
projets naissent et des vies en dépendent. En effet, les deux frères ont fait le choix de se lancer dans la meunerie et la boulangerie et aujourd’hui, au lieu de vendre leur production de blé bio brut à 500 euros la tonne, ils vendent 5000 euros la tonne de pain bio. Ils arrivent à dégager des salaires et à donner un avenir à la ferme. On peut retrouver La ferme des Iles ou ses produits au Biocoop et à l’AMAP de Falaise (le mardi), au marché de Condé le jeudi, au marché de Falaise le samedi matin. Il n’y a pas de vente directe dans les locaux parce que ce ne serait pas rentable au regard du temps dépensé. Les prix de vente se situent globalement dans la moyenne haute soit 5,5 euros le kilo mais quoi que l’on puisse en dire, le pain que nous avons dégusté était délicieux. Pour réaliser tout ce travail, du semis à la vente de pain d’épices, il faut beaucoup d’organisation et de temps. Depuis l’arrivée du salarié Etienne, les deux patrons ont beaucoup plus de possibilités de travail et cela n’aurait jamais été possible sans l’investissement dans l’activité boulangère. Désormais, ils ont établi une rotation dans la distribution et le marché du samedi matin, chacun le fait une fois sur trois, cela enlève beaucoup de fatigue et permet de diversifier les tâches. Etienne s’occupe exclusivement des cultures bio, Félix est à l’atelier lait et vient de passer novice dans la fabrication du pain et enfin, Josselin passe la moitié de son temps de travail à la ferme et le reste, près des fours. Aucun travail n’est délégué à une ETA (entreprise de travaux agricoles). Au vu de la situation, il est permis de s’enjouer concernant l’avenir. Alors les idées de projets vont bon train : isoler le moulin qui en période de grand froid est inutilisable à cause du gel, faire construire un four en pierre à 50 000 euros de 10m2 qui permettrait de réduire la fournée du samedi matin de 7h à 3h (et de retrouver les goût si spécifique du pain cuit à l’ancienne diront certains), avoir plus de matériel pour l’ensilage et enfin…travailler moins. Parce que, comme tout métier de patron, on ne “compte pas ses heures” mais que la fatigue est un ennemi puissant du travail. Malgré quelques difficultés, comme les mauvaises années de plus en plus fréquentes, les maladies imprévues (carie du blé en 2019 qui a détruit la récolte), l’invasion des papillons de farine en été et les rats qui se cachent régulièrement pour fuir le passage du dératiseur auquel ils sont abonnés, la ferme et les gens qui y vivent vont bien. Nous avons été enchantés de rencontrer ces gens passionnés et heureux de faire découvrir leur mode de travail ou plutôt de vie.

Découvrez notre BTSA Agronomie Productions Végétales !
Par voie scolaire : https://le-robillard.fr/lycee/bts-agronomie-productions-vegetales/
En apprentissage : https://le-robillard.fr/cfa/btsa-agronomie-productions-vegetales/

Une dernière visite de système de cultures pour les BTS APV2 du lycée du Robillard

Les passages du pulvé pour les biostimuants sont à peine visibles…
Le triticale-pois fourrager : une sécurité du système
La charrue déchaumeuse pour travailler superficiellement mais vite et bien
Le colza (encore en fleurs, au 2ème plan sur la photo) a sa place mais est encore plus aléatoire en système AB !

Le cycle de 2 années bien compliquées avec la Covid se termine, avec son lot de visites annulées du fait des divers confinements. Mais la promo 2021 aura quand même profité jusqu’au bout des visites supports indispensables à la formation pour comprendre le fonctionnement et la diversité des systèmes de cultures.

Il s’en est fallu de peu de ne pas faire cette dernière visite du 26 mai, entre averses et ensilages et avant un dernier « vide sanitaire » avant les épreuves des examens terminaux. Le groupe des BTS APV2 du lycée a été accueilli par Gael Séchet installé à Evrecy.

L’objet était de comprendre comment un agriculteur en polyculture élevage a fait passer l’exploitation d’un système conventionnel à l’agriculture de conservation (AC) et au système Bio actuel. Une évolution logique bien que pas systématique, mais efficace pour la durabilité du système (voir suite de l’article).

Qui l’eût cru, Gael s’est résigné à réinvestir dans un pulvé, mais pour la bonne cause ! Ce n’est pas un retour en arrière ! Il a toujours été convaincu par la faisabilité du bio sur son exploitation et il a converti une partie de l’exploitation familiale pratiquement dès son installation. Donc, Bio, il le restera même si conduire un système de culture bio n’est pas toujours si simple. Le pulvé, même s’il a eu quelques réticences psychologiques à s’y remettre, c’est pour profiter des biostimulants et des solutions de biocontrôle pour sécuriser le système.

De même l’engagement vers l’AC le conforte à continuer à se centrer sur le Sol, le Sol et toujours le Sol ! Ses objectifs ? Maintenir les sols couverts, veiller au taux de MO tout en gérant le salissement. Les adventices en fleurs ne le gênent pas, elles ne sont plus concurrentes, témoins du fonctionnement des sols et de son état de santé. Pour les gérer, « pourquoi user du carburant en multipliant les passages de déchaumages » ? En plus de sa nouvelle herse étrille qu’il finit de monter, il a réinvesti dans une charrue déchaumeuse. La nuance est de taille : adaptée pour un labour superficiel et rapide, la charrue déchaumeuse scalpe les « mauvaises herbes » tout en bouleversant au minimum le sol et sa biodiversité.

Donnez à Gael une bêche et le voilà qui déniche les vers de terre qui se sont un peu enfoncés à cause du sec. Cette vision rappelle aux étudiants la journée des sols vivants de décembre 2019 ; ils étaient en 1ere année alors et ils ont fait du chemin depuis.

Qui a dit que le Bio est passéiste se trompe : Tout est pensé pour ses sols. Gael préfère éventuellement sacrifier une coupe de luzerne pour faire retourner la MO au sol. Il travaille aussi ses composts, enrichis en lignine avec du bois. Autre nouveauté : l’implantation de miscanthus, une haie d’abord puis un objectif de 2ha pour servir de litière bien absorbante pour ses 80 Vaches laitières.

Le système tourne bien, sécurisé par le système laitier. Donc priorité aux stocks fourragers avec un objectif de 2 silos bien pleins avant l’été pour assurer l’alimentation de l’hiver. Gérer l’alimentation est prioritaire, quitte à ensiler une partie des cultures Bio. Le triticale-pois assure un levier important. Cela ne l’empêche pas d’intégrer le colza dans son système mais il ne faut pas l’oublier, ses cultures subissent les aléas climatiques et les attaques des ravageurs tout autant que les cultures conventionnelles.

Merci à Gael pour son accueil et son envie de transmettre. Que cette visite enrichissante profite aux étudiants qui ont pris sur leur temps libre !
Bon vent à tous ! Et bonne continuation à Gael !

Rédigé par : Nicole Marquet, enseignante en agronomie

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1er Prix au TIEA 2021 catégorie Races laitières pour nos BTSA Productions animales !

Félicitations à nos étudiant(e)s de BTSA Productions animales 1ère année et à leurs encadrant(e)s pour leur 1er Prix au TIEA (Trophée international de l’enseignement agricole) catégorie Races laitières.

Tous les ans, au Salon International de l’Agriculture (SIA) de Paris, a lieu le TIEA auquel participent nos BTS Productions animales. Habituellement, le TIEA se déroule en 4 épreuves. Mais le SIA ayant été annulé à cause de la crise sanitaire, les épreuves traditionnelles du TIEA 2021 étaient remplacée par 2 épreuves virtuelles : 
1. La rédaction d’un article de presse
2. La présentation d’un bovin adulte dans une vidéo

Vous pouvez visionner l’excellente prestation vidéo de nos élèves pour la seconde épreuve ci-dessous :

Retrouvez également la vidéo de l’annonce des résultats par M. Julien DENORMANDIE, ministre de l’agriculture :

Encore un immense bravo à nos élèves ainsi qu’à leurs encadrant(e)s pour ce 1er prix !

Découvrez notre BTSA Productions animales :
https://le-robillard.fr/lycee/bts-productions-animales/